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L’organisation écologiste Greenpeace a relevé lundi des failles dans la sûreté du futur réacteur nucléaire de 3e génération EPR en cas de coupure prolongée de l’alimentation électrique comme cela a été le cas à Fukushima (Japon) après le séisme et le tsunami du 11 mars.
"Les mesures de sécurité reposent sur l’hypothèse que soit l’électricité fournie par le réseau électrique, soit les groupes électrogènes de secours primaires, peuvent être rétablis dans un délai de 24 heures. Or, à Fukushima, la panne totale d’électricité a duré 11 jours", souligne Greenpeace, en s’appuyant sur un rapport commandé à un expert autrichien (BIEN autrichien), Helmut Hirsch.
Selon ce rapport, "la principale leçon de Fukushima, c’est que les réacteurs sont vulnérables en cas de coupure de l’alimentation électrique des systèmes de secours fondamentaux".
Or, selon cet expert, une situation similaire à celle connue au Japon sur un EPR ne permettrait notamment pas de "refroidir l’eau du réacteur en dessous de 100°C et de parvenir à un arrêt froid (arrêt stable et sûr) du réacteur".
"Areva sous-estime le risque de coupure d’électricité (…) au point d’avoir amoindri les mesures de précaution entourant l’EPR" par rapport aux centrales existantes, assure même Greenpeace. Selon l’organisation, "le nombre de groupes électrogènes de secours a été réduit" et ils doivent être "activés manuellement, ce qui augmente le risque d’erreur de la part d’un opérateur".
"Greenpeace a dit tellement de bêtises sur ce sujet depuis tellement longtemps", a réagi le ministre de l’Energie Eric Besson, lundi matin sur France Inter, au sujet des affirmations de l’organisation écologiste.
"Je ne connais pas le rapport en question. Simplement, je vois ce que disent les meilleurs experts internationaux, pas français, mais internationaux, ils considèrent que, en l’état actuel des connaissances, l’EPR sera le réacteur le plus sûr au monde", a estimé le ministre.
Le 16 mars, cinq jours après le séisme et le tsunami qui avaient touché le Japon, Anne Lauvergeon, alors présidente du groupe nucléaire Areva, avait estimé que le réacteur EPR aurait évité les fuites radioactives à Fukushima.
"S’il y avait des EPR à Fukushima, il n’y aurait pas de fuites possibles dans l’environnement, quelle que soit la situation", avait-elle déclaré à la presse après une audition à l’Assemblée nationale par les parlementaires.
La mise en service de l’EPR de Flamanville (Manche), le premier réacteur nucléaire de troisième génération, n’est plus attendue que pour 2016, avec deux ans de retard sur la date initiale, avait annoncé EDF le 20 juillet.
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PARIS, 25 juil 2011 (AFP)
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