Le risque présenté
par les armes à feu aux Etats-Unis
O
n désigne communément les Etats-Unis par « le Nouveau monde » alors que l’Europe est un vieux continent et
la France, comme l’a dit dans un discours remarqué à l’ONU, notre ministre des Affaires étrangères de l’époque,
Dominique de Villepin, est un « vieux pays ».
Force est de constater que nous avons généralement un retard de 10 ans sur ce qui se pratique aux Etats-Unis, disons
dans le domaine technique, mais heureusement pas dans celui des moeurs.
Ce recul de dix ans nous permet aussi d’éviter de copier ce qui ne correspond pas à notre façon de vivre, même s’il
doit y avoir des accommodements.
Nous laissons bien volontiers aux Etats-Unis leur place de leader au palmarès des pays de l’OCDE, mis à part leMexique,
pour le nombre d’homicides par armes à feu, ils en ont comptabilisé 11 208 en 2013, le dernier bilan connu.
L’assassinat en direct en Virginie de deux journalistes n’est qu’un exemple d’une réalité macabre, qui illustre des pra-
tiques quotidiennes, rendue possibles par la libre circulation et possession d’armes à feu de toutes sortes.
C’est la conséquence d’un marché, qui se pratique sans restrictions, qui prospèrent sans restrictions, en sachant que
quelque 308 millions d’armes légales seraient, selon les chiffres de 2012, en circulation dans le pays.
En France, nous en avons certes trop, mais elles restent cachées et ne circulent que « sous le manteau ».
Aux Etats-Unis, la possession et la circulation des armes à feu sont l’une des particularités du pays, à laquelle il n’est
pas question de mettre fin.
Elle est inscrite dans le « Deuxième amendement de la Constitution des Etats Unis » ce qui mérite une explication pour
nos lecteurs.
Le Deuxième amendement fait partie des dix amendements à la constitution, votés le 15 décembre 1791, couram-
ment appelés le « Bill of Right » que nous pouvons traduire par « Déclaration ou par Reconnaissance des droits des
citoyens ».
Il garantit à tout citoyen américain le droit de porter une arme et, nous ajoutons, le droit de s’en servi pour se dé-
fendre.
Dans la décision du District of Columbia, au sujet de l’affaire Heller du 26 juin, la Cour suprême des Etats-Unis a confir-
mé que l’autodéfense est un élément central du droit.
La portée du Deuxième amendement a été validée dans l’arrêt McDonald de Chicago de 2010, dans lequel la Cour
Suprême a annulé les dispositions d’un règlement municipal de la ville de Chicago prohibant la détention d’armes de
poing, ainsi que d’autres réglementations, relatives aux fusils et autres armes de chasse.
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page 2 - Numéro 416 du 25 septembre 2015
Edito