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page 37 - Numéro 275 du 6 juillet 2012
RiskAssur-hebdo
- Le magazine professionnel des Risques et des Assurances
membres d’AIRMIC les plus confirmés prennent sous leur aile
un jeune risk‐manager entrant dans le méƟer pour l’aider à
comprendre plus rapidement les subƟlités praƟques d’une
profession encore en devenir. Mais il est vrai que les « grandes
professions » avocats, experts comptables, et actuaires, pour
le pas évoquer la médecine, ont insƟtuƟonnalisé ce genre de
praƟques.
Julia Graham, ancienne présidente d’AIRMIC et vice‐
présidente de FERMA, très acƟve dans les groupes de dévelop‐
pement des standards britanniques et internaƟonaux, faisait
écho aux propos de Paul en soulignant la nécessité vitale pour
la profession d’aƫrer des « jeunes talents » pour qu’ils soient
au bon endroit avec les bonnes missions dans l’équipe de ges‐
Ɵon des risques. Quelle que soit la qualité du système en
place, ils ne valent que par la qualité des personnes en charge.
Julia en insistant sur un recrutement ouvert, implicitement
renforçait la nécessité d’une image professionnelle forte pour
les aƫrer et donc le besoin d’une qualificaƟon professionnelle
universellement reconnue .
Or précisément, pour ce qui est de Liverpool, une quesƟon
faisait clairement débat, un débat typiquement britannique,
pour exister en tant que profession consƟtuée les risk mana‐
gers ont‐ils besoin d’un Ɵtre de « Chartered Professional Risk
Manager » (CPRM), Ɵtre que nos amis australiens ont un peu
dévoyé en mulƟpliant les admissions sur service rendus, pour
parler à niveau égal avec les comptables et autres professions
consƟtuées ?
La quesƟon subsidiaire : Est‐il raisonnable de faire appel au CII,
l’organisme britannique de formaƟon et de cerƟficaƟon des
assureurs pour développer ce nouveau Ɵtre ? Cependant, les
délégués ont appris que des discussions dans ce sens avaient
été entreprises conjointement par AIRMIC et l’IRM avec le CII.
Le CII qui délivre déjà des statuts « chartered » pour les cour‐
Ɵers et les assureurs (souscripteurs) pensent pouvoir délivrer
également une reconnaissance de même statut pour ceƩe
« foncƟon émergente ». Pour obtenir l’autorisaƟon de délivrer
un CRM, le CII doit démontrer au conseil privé de la Reine
(Privy Council) qu’il a développé des standards et processus
saƟsfaisants aux exigences de ceƩe disƟncƟon et qu’il est le
support approprié pour cela. Ce processus peut prendre jus‐
qu’à deux ans, le temps sans doute d’une réflexion salutaire.
Merci, messieurs du CII mais cela fait sans doute plus de trente
ans qu’elle émerge. Imagine‐t‐on en France l’AMRAE confiant
la cerƟficaƟon des Risk Managers à l’ENASS ? Déjà l’ARM au
sein de l’IIA a posé problème pendant de longues années au
sein du RIMS, d’AHSRM et de PRIMA. Seule la personnalité
indépendante et forte, et la pensée visionnaire de George
Head ont pu imposer l’ARM comme la référence en maƟère de
gesƟon des risques en Amérique du Nord, et dans le monde.
Encore l’IIA a‐t‐il enlevé assurance de son Ɵtre actuel,
The Ins‐
Ɵtutes
, et promu le CARME(2) pour accueillir l’ARM et
l’ARM_E.
FERMA a confié une réflexion sur la thémaƟque d’une cerƟfi‐
caƟon européenne pour les gesƟonnaire de risques à un
groupe de travail composé de deux vice présidents, Michel
Dennery (ARM) et Julia Graham et d’un administrateur Igor
Mikhaylov, président de l’associaƟon russe. L’ambiƟon de FER‐
MA est de déboucher sur deux niveaux de qualificaƟons, pro‐
fessionnel
(pour les risk‐managers déjà expérimentés)
et spé‐
cialiste
(pour les plus jeunes au ceux dont la gesƟon des
risques n’est qu’un des volets de leur carrière)
, avec une vali‐
daƟon des compétences alliant formaƟon et examens d’une
part, expérience de l’autre. Il est clair que cela vise à meƩre la
gesƟon de risque au niveau des professions établies et recon‐
nues comme l’expert comptable, ou les avocats.
Encouragés par ceƩe iniƟaƟve, il semble que le moment soit
venu pour les acteurs de la formaƟon des professionnels de la
gesƟon des risques de se rapprocher et/ou de poursuivre leurs
réflexions communes pour proposer des soluƟons
« fédérales » en analysant les nombreux contenus communs
au regard des compétences nécessaires dans un dialogue ou‐
vert avec les professionnels à la pointe de leur art dans les
différents pays de l’Union Européenne, et de l’Europe élargie
que représente FERMA, puisque ses associaƟons adhérentes
débordent le cadre de l’Union. CeƩe iniƟaƟve devrait débou‐
cher sur des sessions de formaƟon locales auxquelles les asso‐
ciaƟons naƟonales seraient pleinement associées, voire même
à l’iniƟaƟve.
Pour éclairer le chemin et faire le point régulièrement, il reste
plusieurs rendez‐vous avant celui donné par AIRMIC à ses
membres en juin 2013 à Brighton, en parƟculier ne doutons
pas que la quesƟon de la cerƟficaƟon professionnelle occupera
les esprits au séminaire FERMA de Versailles en octobre 2012
puisque le groupe de travail doit y présenter sa feuille de route
et aux Rencontres de l’AMRAE à Lyon en février 2013 puis‐
qu’AMRAE formaƟon et CARM_InsƟtute souhaiteront être
acƟvement présents dans ceƩe démarche.
Professeur Jean‐Paul Louisot
Université Paris 1 Panthéon‐Sorbonne
Directeur Pédagogique de CARM_InsƟtute
(Suite de la page 36)
Reportage
1 - Voir article de JP Louisot sur le GAIF de Marrakech dans le numéro 272 de Riskassur du 15 juin 2012
2 - CMT – Communication Media & Technology
3 - CARME - Center for the Advancement of Risk Management Education