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page 40 - Numéro 274 du 29 juin 2012
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Reportage
Conclusion en forme de perspecƟves 
Par delà les intervenƟons des orateurs de ceƩe rencontre, un 
de leurs référents majeurs est le professeur Stephan Shernell 
qui joue un rôle essenƟel dans la recherche sur l’efficience des 
systèmes de santé aux Etats Unis et le système français pour‐
rait sans aucun doute prendre pour « ardente obligaƟon » et 
feuille de route les recommandaƟons d’un arƟcle(26) qui a 
déjà cinq ans. Il propose sept axes d‘amélioraƟon pour les opé‐
rateurs dans le système de santé américain :  
Reconcevoir les processus de soin
 : 
Une revue systémaƟque 
des processus de soins vise à délivrer des soins de meilleure 
qualité tout en veillant au contrôle des coûts. Une illustraƟon 
de ce principe de « réingénierie de santé » consisterait à uƟli‐
ser un processus de management des soins (PMS) comme 
créer une base de données pour suivre les paƟents souffrant 
d’une pathologie chronique spécifique, alertant les soignants 
des soins nécessaires et procurant des retours d’expérience 
chiffrées au médecins tout en apportant aux paƟents 
« chroniques » eux‐mêmes une formaƟon pour apprendre à 
gérer leur santé, tout en alertant le directeur des soins infir‐
miers sur les paƟents les plus aƩeints ou les plus vulnérables. 
UƟliser judicieusement les technologies d’informaƟon
 : 
Les 
technologies d’informaƟon de santé regroupent les dossiers 
médicaux/santé et les échanges électroniques d’informaƟon 
entre opérateurs (médecins, hôpitaux, laboratoires, et phar‐
maciens), les courriels entre les paƟents et leurs médecins, 
ainsi que les ouƟls Internet permeƩant aux paƟents de gérer 
leur propre santé et aux paƟents et leurs médecins l’infras‐
tructure pour apprendre les uns des autres et mesurer et 
suivre l’amélioraƟon de la qualité.  
Mais pour qu’elles soient efficaces, les bases de données doi‐
vent être conçues de façon à pouvoir dialoguer par électro‐
nique entre sites mais encore faut‐il disposer du personnel 
formé et disponible pour alimenter le système, pour concevoir 
les amélioraƟons de qualité et Ɵrer le maximum des capacités 
offertes par le système.    
Gérer les connaissances et compétences cliniques
 : 
La gesƟon 
proacƟve des compétences de ses collaborateurs est essen‐
Ɵelle pour tout organisme qui souhaite offrir des services de 
qualité ; il convient également qu’il veille à l’acquisiƟon des 
nouvelles compétences indispensables. Dans le domaine de la 
santé en parƟculier, l’avalanche d’informaƟons nouvelles est 
telle qu’aucun individu seul, patricien ou soignant, ne serait en 
mesure de trier ce dont il aurait besoin au moment et au lieu 
dont il aurait besoin ; il revient donc à l’organisme de trouver 
le moyen efficace de meƩre à la disposiƟon de chacun de ses 
collaborateurs l’informaƟon indispensable. De plus, il faut que 
les meilleures praƟques soient partagées immédiatement avec 
l’ensemble des collègues.  
Développer des équipes efficaces
 : 
Les établissements de 
soins ont compris depuis longtemps que les paƟents hospitali‐
sés sont pris en charge en fait par des équipes thérapeuƟques, 
même s’il n‘est pas évident que ces équipes foncƟonnent 
effecƟvement. En ce qui concerne les paƟents externes c’est le 
modèle « visite » qui domine le paysage dans lequel le « soin » 
est considéré comme limité à l’interacƟon entre le médecin et 
son paƟent au cours de la visite.  
Ce modèle n’est pas idéal pour s’assurer que le paƟent est 
exposé à la prévenƟon nécessaire, pour aider les paƟents 
aƩeints de maladie chronique à apprendre à gérer leur patho‐
logie, ou pour assister tous les paƟents entre deux visites. 
L’équipe ou « microsystème » ‐ le principe organisateur de la 
délivrance de soins au 20
ème
 siècle peut servir de modèle pour 
meƩre en œuvre un
processus de soin organisé
 pour amélio‐
rer la qualité des soins bien au‐delà du modèle de simple vi‐
site. La liƩérature professionnelle mulƟplie les illustraƟons sur 
les caractérisƟques des équipes efficaces.
Coordonner les soins des paƟents dans l’espace et dans le 
temps en intégrant la condiƟon, les services et l’environne‐
ment
 : 
Alors que les maladies chroniques sont en augmenta‐
Ɵon, la nécessité d’un système de distribuƟon des soins qui 
transcende la mulƟplicité des opérateurs en les coordonnant 
s’accroit. La foncƟon centrale qui manque est un moyen 
d’informaƟon et de connaissance sur les paƟents partagé par 
l’ensemble des apporteurs de soin au paƟent.  
L’informaƟon perƟnente est trop souvent parƟelle, en retard 
ou tout simplement inexistante provoquant des retards, des 
duplicaƟons d’examens et de procédures entraînant du gaspil‐
lage et des nuisances. La mise en place d’un dossier médical 
informaƟsé, dès le cabinet de la médecine de ville est certes 
indispensable, mais insuffisante pour garanƟr une bonne coor‐
dinaƟon de soins.  
Il faut également des « récepteur d’informaƟon » informés, 
c'est‐à‐dire des équipes qui savent uƟliser l’informaƟon dans 
un système coordonné au bénéfice du paƟent. De plus, il faut 
que le partenariat s’étende à des prestataires qui peuvent être 
nécessaire aux soins du paƟent.  
Incorporer des mesures de performances et de résultats pour 
responsabiliser les acteurs et suivre les amélioraƟons
 : 
Les 
organismes qui offrent des soins devraient être des orga‐
nismes en apprenƟssage qui tentent des expériences pour 
modifier, améliorer leurs processus grâce à ceƩe expérimenta‐
Ɵon. Il ne faut pas hésiter à tenter des expériences limitées, 
locales qui permeƩent de faire des chapelets d’expérience 
même au sein d’organismes importants. La capacité d’amélio‐
raƟon est liée à la capacité de mesurer la performance mais 
également des dirigeants et des collaborateurs qui ont les 
compétences et la disponibilité pour gérer les efforts d’amélio‐
raƟon.  
(Suite de la page 38)
(Suite page 41)