page 2 - Numéro 272 du 15 juin 2012
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Edito
Un paramètre manquant dans nos régimes de retraite, celui de l'espérance de vie
Les régimes de retraite mis en place en France à parƟr de 1945 sont fondés sur la solidarité entre les géné‐
raƟons, ce qui revient à dire que les coƟsaƟons versées par les salariés et par leurs employeurs sont affec‐
tée au paiement des pensions à verser chaque année aux retraités bénéficiaires du régime.
C'est le cas des régimes complémentaires à gesƟon paritaire, Arrco et Agirc qui n'ont d'autres ressources
que les coƟsaƟons pour équilibrer leurs comptes.
Ce sont des régimes par réparƟƟon purs.
Par contre l'Etat, qui gère via la Caisse naƟonale d'assurance sur la vie, qui est la branche vieillesse de la
Sécurité sociale, le régime public peut faire appel, si nécessaire à d'autres ressources financières, notam‐
ment fiscales, pour garanƟr le paiement des pensions, voire même, comme c'est en ce moment le cas, de
les financer à crédit.
C'est plus un régime administré, qu'un régime par réparƟƟon.
Dans le cadre des disposiƟons légales et réglementaires actuelles, les pensions sont calculées, lorsque le
salarié remplit les condiƟons d'âge requises pour la liquidaƟon de ses droits, sur la base de son parcours
professionnel, exprimé en salaire moyen des 25 meilleures années dans le cadre du régime public et en
nombre de points, dans les régimes complémentaires Arrco et Agirc.
De ce fait tous les salariés, touchent à droits égaux la même pension, et ce indépendamment de leur espé‐
rance de vie.
Ce système est théoriquement appliqué aux personnes ayant le même âge, mais il ne correspond à au‐
cune réalité.
Son applicaƟon est admis dans les régimes de retraite par capitalisaƟon, où le risque qui en découle est
compensé par l'assureur, dont c'est le méƟer.
L'assureur qui joue le rôle de débit renƟer converƟt le capital que lui transmet le crédit renƟer en rente
viagère, selon le cas sur une ou deux têtes, sur la base d'un tableau de mortalité, qui reflète l'espérance
de vie moyenne de sa clientèle.
Il en assume le risque avec la possibilité de se couvrir par la voie de la réassurance, contre la longévité de
ses clients.
Pour ce qui est des retraites par réparƟƟon, ce risque est compensé au sein des régimes.
Parmi les reproches faits par les syndicats à la réforme Woerth‐Fillon de 2011, figure en tête la non prise
en compte des travaux pénibles effectués en cours de carrière par un grand nombre de salariés et qui mé‐
ritent une compensaƟon.
CeƩe revendicaƟon est fondé sur le raccourcissement de l'espérance de vie des ceux qui en ont été les
vicƟmes et qui, de ce fait, percevront, staƟsƟquement parlant, leur pension moins longtemps que les
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