page 22 - Numéro 271 du 8 juin 2012
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L'euthanasie
ne devrait plus être un sujet tabou
L
'un des problèmes sociétaux le plus délicat au‐
quel les Français sont confrontés et qui se pose
depuis des années est celui de l'euthanasie, l'acte
qui provoque la mort d'une personne aƩeinte d'une ma‐
ladie incurable.
Actuellement les Français qui veulent y avoir recours, en
toute légalité, doivent s'expatrier, ce qui n'est pas tou‐
jours, sinon rarement, à la portée d'une personne en fin
de vie.
Le parent, l'ami, voire le médecin compaƟssant s'expose
à des poursuites judiciaires lourdes de conséquence, en
sachant que donner la mort est un crime passible de la
Cour d'assise.
Le seul fait de pouvoir l'évoquer est déjà un grand pro‐
grès.
Dans ce contexte, parmi les 60 engagements de cam‐
pagne de François Hollande, élu depuis Président de la
République, figure le droit accordé aux Français de mou‐
rir dans la digité, en bénéficiant à cet effet, dans des con‐
diƟons précises et strictes de l’assistance médicale né‐
cessaire.
Un premier pas dans ceƩe direcƟon a été accompli en
2005 par la loi Leoneƫ qui permet depuis de « laisser
mourir » mais qui s'oppose à tout geste délibéré et acƟf
provoquant la mort et, plus parƟculièrement l'assistance
au suicide.
Sans toucher au Code pénal, la loi de 2005 fait planer un
risque sur la tête du corps médical dont les membres
impliqués dans la mort d'un paƟent, risquent de devoir
s'expliquer sur les circonstances de son décès.
Il faut meƩre à l'acƟf de la loi Leoneƫ la mise en place
des premiers soins palliaƟfs qui, malheureusement,
faute de personnel formé en nombre suffisant, surtout
pour les soins palliaƟfs à domicile, mais aussi par
manque de crédits suffisants, tardent à répondre à la
demande.
Les sondages laissent penser qu'une majorité de Français
est favorable à une forme d'euthanasie dans des condi‐
Ɵons à préciser, en sachant cependant qu'une fracƟon
de la populaƟon y est totalement et définiƟvement op‐
posée, que ce soit par convicƟon religieuse ou simple‐
ment personnelle et qu'il ne faut en aucun cas heurter.
Le candidat Hollande ne s'y est pas trompé, car il précise
clairement, dans sa proposiƟon 21 l'étendue de la ré‐
forme qu'il s'engage à proposer au législateur.
Son engagement n° 21 mérite d'être cité : « Je propose
que toute personne majeure en phase avancée ou termi‐
nale d'une maladie incurable, provoquant une souffrance
physique ou psychologique insupportable et qui ne peut
être apaisée, puisse demander, dans des condiƟons pré‐
cises et strictes, à bénéficier d'une assistance médicali‐
sée pour terminer sa vie dans la dignité ».
Ce texte définit, sans uƟliser le terme d'euthanasie, son
objecƟf mais il doit être précisé quant à son applicaƟon
et notamment en ce qui concerne la nature des condi‐
Ɵons strictes et précises à exiger.
Un autre problème qui doit trouver une soluƟon saƟsfai‐
sante concerne la procédure applicable lorsque le ma‐
lade en fin de vie n'est pas en mesure de s'exprimer et
qu'une autre personne doit pouvoir le faire à sa place.
Notons que dans ces condiƟons, l'assistance au suicide
devint un faux problème, dans la mesure où le paƟent
qui remplit les condiƟons lui permeƩant de bénéficier de
l'assistance médicalisée en fin de vie n'a aucune raison
(Suite page 23)
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