page 28 - Numéro 264 du 20 avril 2012
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La gestion des risques appliquée
aux flottes automobiles
Professeur Jean-Paul Louisot
Quelle est aujourd’hui l’enƟté
(entreprise, collecƟvité pu‐
blique, hôpital, associaƟon à but non lucraƟf, etc.)
dont les
acƟvités n’impliquent pas l’uƟlisaƟon d’une floƩe automo‐
bile ?
Un élément de réponse se trouve dans la proporƟon de véhi‐
cules dont l’usage est essenƟellement professionnel, environ
40 %. On serait tenté de trouver également la proporƟon d’ac‐
cidents de la circulaƟon dans lesquels sont impliqués des véhi‐
cules «professionnels ». Mais on ne peut connaître que la part
«professionnelle » du marché de l’assurance automobile, 16 %
(floƩes de plus de 3 véhicules).
Par ailleurs, les staƟsƟques de la Sécurité Sociale font ressorƟr
que deux accidents du travail sur trois impliquent un véhicule
automobile.
CeƩe floƩe, en locaƟon longue durée, propriété de l’entre‐
prise et même, dans certains cas, des collaborateurs, ne com‐
prend pas que des véhicules légers. Elle comporte également
des véhicules uƟlitaires, des camions, voire des engins spé‐
ciaux.
La nature des vulnérabilités pesant sur l’enƟté du fait de sa
floƩe automobile recouvre toutes les classes de risques pesant
sur elle :
1. Les dommages aux biens :
La perte ou les dommages aux
véhicules eux‐mêmes ou aux marchandises qu’ils transportent.
2. L’engagement de responsabilités :
Pour les dommages de
toutes natures subis par les Ɵers, véhicules, immeubles, pertes
de marchandises, accidents corporels, etc.
3. L'aƩeinte aux personnes :
Accident du travail, mort d’un
collaborateur clé, d’un fournisseur ou d’un client, d’un consul‐
tant, etc.
4. Les pertes de revenus :
Retard de livraison, pertes d’image,
etc.
Par ailleurs, l’impact du «coût du risque » sur le total des
coûts de foncƟonnement de la floƩe (y compris amorƟsse‐
ments) est d’environ 15 à 20 % selon des études britanniques
récentes.
Devant ces éléments, le gesƟonnaire de la floƩe, le risk‐
manager, le directeur financier, le chef d’entreprise et, bien
entendu, le comité d’entreprise, ne peuvent pas rester indiffé‐
rents. Le coût se décline en termes financiers mais aussi en
vies humaines, brisées ou réduites par l’invalidité.
Le temps d’une aƫtude passive assorƟe d’un transfert finan‐
cier à l’assureur est révolu. Les ouƟls informaƟques meƩent
l’assureur en mesure de connaître le vrai coût de chaque
risque. Les produits financiers ne couvrent plus les déficits des
mauvais risques. Aujourd’hui, chacun doit donc payer le prix
de son risque.
Il faut donc dans chaque enƟté prendre le problème à bras le
corps et :
Gérer le risque de la floƩe automobile
La floƩe automobile est un des systèmes composant l’entre‐
prise. Elle peut être étudiée en tant que telle, c’est à dire
comme un «centre de risques » spécifique auquel la méthode
décrite ci‐dessus peut‐être appliquée.
En parƟculier, il faut garder à l’esprit que les risques automo‐
biles sont une illustraƟon présente dans de nombreuses orga‐
nisaƟons des risques de
fréquence élevée et de gravité faible.
Ils se prêtent donc parƟculièrement bien à une analyse systé‐
(Suite page 30)
Etude