L'égalité : ce qu'on refuse de voir finit par se payer Sarah Zitouni, experte des mécanismes de pouvoir et de leadership en entreprise - PowHer ta carrière.
Les grandes crises actuelles, budgétaire, géopolitique, technologique et immobilière ont un point commun que personne ne veut nommer : elles sont aggravées, parfois produites, par l'absence systématique des femmes dans les hautes sphères de décision. Traiter l'égalité comme un sujet de niche, uniquement bon pour la journée du 8 mars et les discours de clôture, n'est pas qu'une posture conservatrice mais une erreur de gestion. Et comme toutes les erreurs de gestion, elle a un coût que la collectivité absorbe en silence.
La diplomatie du concours de muscles
Le modèle de leadership dominant, vertical, martial, incapable de reculer sans perdre la face n'est pas une fatalité : c'est un choix d'organisation. Ce rapport de force permanent fonctionne ainsi comme une cour de récréation. On écrase le plus faible, on ruse face au plus fort et tout recul est vécu comme une humiliation. L'espace diplomatique se sature, le compromis devient impossible, l'escalade devient la seule issue. Pendant ce temps, des dirigeants tiennent des postures martiales depuis des palais protégés et envoient d'autres mourir pour ne pas avoir à négocier. Les données contredisent pourtant cette logique : les processus de paix intégrant des femmes en position de décision réelle produisent des accords plus stables. Ce n'est pas une utopie sentimentaliste, c'est la seule stratégie viable au long cours.
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