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TOKYO, 10 juin 2013 (AFP) - La compagnie gérante de la centrale accidentée de Fukushima, Tepco, a annoncé lundi son intention d’accélérer le calendrier de retrait du combustible fondu des réacteurs ravagés, un voeu qui n’est toutefois pas une garantie.
"Notre ambition est désormais de débuter le retrait du combustible mi-2020 au lieu de fin 2021, soit environ un gain d’un an et demi", a expliqué un porte-parole de la compagnie, Masayuki Ono, lors d’une conférence de presse.
Cette intention est soumise au gouvernement dans le cadre d’une révision du plan de démantèlement des installations, une tâche titanesque qui devrait exiger quelque quatre décennies, le retrait lui-même devant s’étendre sur une durée de 10 à 20 ans.
Pour chacun des réacteurs 1 à 3 concernés, Tepco a pu avoir une idée un peu meilleure de la situation, ce qui permet d’envisager cette accélération, même si elle n’est pas assurée.
"Il y a encore de nombreux éléments que nous ne connaissons pas", a concédé M. Ono, d’autant que toutes les techniques qui seront nécessaires restent à développer, dont des robots.
Initialement, la compagnie estimait qu’elle ne pourrait entamer le retrait des débris de combustible des réacteurs que dix ans après la confirmation de l’état dit d’arrêt à froid des réacteurs en question, ce qui fut officiellement le cas mi-décembre 2011.
Bien que Tepco ait cet espoir d’aller plus vite, "il est bien sûr possible que cela prenne en réalité plus de temps ou au contraire moins" en fonction de l’évolution de la connaissance de l’état des réacteurs au fil du temps.
Compte-tenu de la radioactivité ambiante, la compagnie est dans l’incapacité d’aller voir directement dans le coeur des 3 réacteurs sur 6 dans lesquels le combustible a été victime d’une fusion faute de refroidissement pendant plusieurs heures à la suite du tsunami du 11 mars 2011 qui a mis en péril l’alimentation électrique des pompes.
Ce n’est pas la première fois que Tepco annonce une révision du calendrier.
Le groupe avait déjà indiqué en décembre dernier qu’il allait débuter dès novembre prochain le retrait du combustible de la piscine de stockage 4 de la centrale de Fukushima, un an avant l’échéance initialement prévue, afin de réduire la dangerosité du site.
Ce travail en lui-même devrait prendre 13 mois, quasiment deux fois moins de temps que ne le pensait auparavant Tepco.
Le toit de la piscine de désactivation du réacteur 4, située en étage, a été détruit par des explosions d’hydrogène qui ont saccagé les bâtiments de la centrale.
Partiellement à découvert, cette piscine est pleine de 1.331 barres de combustible usé (et environ 200 neuves) qui baignent dans l’eau, mais demeurent un danger potentiel en cas de séisme ou autre catastrophe naturelle entraînant la perte de ce liquide de refroidissement.
Des experts japonais et étrangers ont à plusieurs reprises tiré la sonnette d’alarme à ce sujet, estimant que se trouve en ce lieu le plus redoutable point faible de la centrale toujours vulnérable et qui demeure de facto une menace pour une grande partie de l’archipel, même si Tepco et le gouvernement assurent que la situation est sous contrôle.
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